Comment placer une frontière qui me permet d’entretenir une bonne relation avec moi et avec les autres ? Porter son attention sur les frontières, c’est s’intéresser aux distinctions que nous faisons entre nous, que vous faites entre vous et votre enfant, votre femme, votre mari, votre employeur, entre vos émotions et les sentiments de vos amis, entre les pensées à l’intérieur de votre tête et le monde extérieur, entre la critique et la connaissance de vous-même. Les distinctions intérieures qui vous rendent unique et vous permettent de vous connecter, d’être vulnérable, ouvert-e et disponible aux autres, au monde autour de vous.
Parfois les gens pensent que les frontières sont des murs qui séparent, elles séparent en effet, mais ne deviennent des « murs » que lorsque la séparation devient rigide, statique et figée. Qu’arrive-t-il lorsqu’il n’y a pas de séparation, pas de distinction, quand tout est « un », tout est la même chose ? C’est autant une prison que pour celui ou celle qui construit des murs. Quand vous et moi sommes identiques, quand nous fusionnons, il n’y a plus d’espace pour soi en tant qu’individu. Parfois, bien sûr, il est bon d’avoir des murs pour (se) protéger ou pour ne faire qu’un avec la nature ou avec un autre être humain.
Sans connaître les frontières humaines, leur manière d’apparaître, notre façon de les créer et de les maintenir, nous nous condamnons à être ballottés entre les « murs » (c’est-à-dire s’échapper dans l’isolement quand la vie et les relations nous envahissent) et le manque de frontières (quand on entre dans l’illusion d’être ensemble pour fuir notre responsabilité à prendre en charge notre propre bonheur), - jamais vraiment en sécurité et jamais vraiment connecté.